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72, 98 ou 160 mm : quelle épaisseur de cloison entre deux chambres pour dormir au calme ?

Adèle Montclar 8 min de lecture

Entre deux chambres, quelques centimètres de cloison changent vite le confort au quotidien. Une conversation, un réveil, une télévision ou des pas d’enfant passent beaucoup plus facilement dans une paroi trop légère. Le bon choix dépend surtout du niveau d’isolation phonique recherché, de l’espace disponible et du type de travaux envisagé. En pratique, une cloison de 72 mm reste courante, mais une solution de 98 mm ou de 120 à 160 mm apporte un confort supérieur.

Les épaisseurs courantes et ce qu’elles permettent vraiment

Pour choisir l’épaisseur de cloison entre deux chambres, il faut raisonner en performance acoustique, pas seulement en millimètres. L’indicateur souvent utilisé est l’affaiblissement acoustique, exprimé en dB, ou le Rw selon les documents techniques : plus la valeur est élevée, moins le bruit traverse la paroi. Une différence de quelques dB se perçoit vite sur les voix et les bruits répétitifs.

Épaisseur de cloison Composition type Performance acoustique indicative Usage conseillé
72 mm 1 BA13 + isolant 45 mm + 1 BA13 42-44 dB Chambres peu exposées, budget maîtrisé, gain de place
98 mm Double BA13 + isolant 50-52 dB Bon compromis pour deux chambres occupées régulièrement
120-160 mm Cloison acoustique renforcée ou double structure 61-64 dB Fort besoin d’intimité, chambre parentale, bureau/chambre, sommeil sensible

72 mm : la cloison standard, suffisante seulement dans certains cas

Une cloison de 72 mm, composée généralement d’une plaque BA13 de chaque côté et d’un isolant de 45 mm au centre, est très répandue dans l’aménagement intérieur. Elle a l’avantage d’être fine, économique et relativement simple à poser. Avec un affaiblissement acoustique de 42-44 dB, elle limite une partie des bruits courants, mais elle ne fait pas disparaître les voix fortes, les basses fréquences ni les sons transmis par les prises et les jonctions.

98 mm : le meilleur compromis dans la plupart des logements

La cloison de 98 mm est souvent le choix le plus équilibré entre confort acoustique et perte d’espace. Grâce au double BA13 et à l’isolant, elle atteint généralement 50-52 dB d’affaiblissement acoustique. Pour deux chambres voisines, c’est une solution plus rassurante : elle réduit mieux les conversations, les bruits de télévision et les écarts de rythme entre occupants. Dans une rénovation familiale, c’est souvent l’épaisseur à viser lorsque la pièce le permet.

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120 à 160 mm : quand le silence devient prioritaire

Les cloisons de 120 à 160 mm correspondent à des systèmes plus performants, parfois avec double ossature ou désolidarisation renforcée. Elles peuvent atteindre 61-64 dB, ce qui les rend adaptées aux situations exigeantes : chambre d’un adolescent contre chambre parentale, pièce qui sert aussi de bureau, sommeil léger, horaires décalés. Le principal inconvénient est la perte de surface, mais sur une cloison de quelques mètres, ce choix peut valoir le gain de confort.

Pourquoi l’épaisseur ne suffit pas : le rôle des matériaux et de la pose

Une cloison plus épaisse n’est efficace que si sa composition suit une logique acoustique cohérente. Le principe le plus utilisé est le système masse-ressort-masse : deux parements lourds, comme des plaques de plâtre, encadrent un matériau absorbant qui limite la vibration de l’ensemble. La masse freine le son, l’isolant amortit, et la désolidarisation réduit les transmissions mécaniques.

BA13, plaques acoustiques et isolants minéraux

Le BA13 standard convient pour une cloison classique, mais une plaque de plâtre acoustique améliore le comportement de la paroi à épaisseur comparable. L’isolant placé dans l’ossature joue aussi un rôle essentiel : il ne doit pas être compressé à l’excès, ni posé avec des vides. Un isolant de 45 mm est courant dans une cloison de 72 mm, mais la qualité de la mise en œuvre compte autant que la fiche technique du produit.

Il faut aussi penser aux points faibles. Une cloison agit comme un filtre acoustique : elle ne bloque pas le son de façon uniforme, elle le laisse passer plus ou moins selon les fréquences et les chemins de fuite. Une belle paroi de 98 mm perd une partie de son efficacité si une prise électrique traverse les deux faces au même endroit, s’il existe un jour sous la porte ou si le rail touche une structure vibrante sans bande résiliente. Avant d’ajouter de l’épaisseur, il vaut donc mieux repérer les passages du bruit : boîtiers, plinthes, jonctions plafond, gaines et huisseries.

La double cloison, efficace mais plus exigeante

Pour les performances les plus élevées, la double cloison ou la double ossature limite la transmission des vibrations d’un côté à l’autre. C’est particulièrement pertinent entre deux chambres où l’on veut une vraie séparation d’usage. En revanche, la pose demande plus de place, plus de matériaux et une attention particulière aux raccords. Une mauvaise jonction au sol ou au plafond peut réduire l’intérêt d’un système pourtant très performant sur le papier.

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Choisir selon votre situation : construction, rénovation ou manque de place

Le bon choix n’est pas le même dans une maison neuve, un appartement ancien ou une chambre déjà occupée. Avant de décider, mesurez la longueur de la cloison et vérifiez l’emplacement des portes, des placards, des interrupteurs et des prises. Une épaisseur supplémentaire peut gêner une ouverture, réduire un passage ou imposer de déplacer un réseau électrique. Le projet doit rester cohérent avec l’usage réel de la pièce.

En construction ou création de cloison

Si la cloison n’existe pas encore, mieux vaut intégrer l’acoustique dès le départ. Une solution de 98 mm constitue souvent une base saine entre deux chambres. Elle offre un vrai gain par rapport à une cloison de 72 mm, sans basculer dans une épaisseur très importante. Pour une suite parentale, une chambre mitoyenne d’un espace de jeu ou deux pièces occupées à des horaires différents, viser 120 mm ou plus peut être pertinent.

En rénovation légère, sans tout casser

Lorsqu’une cloison existante laisse passer les bruits, il n’est pas toujours nécessaire de la déposer. Des plaques de plâtre acoustique collées ou vissées peuvent améliorer la situation, à condition de traiter les joints, les périphéries et les points singuliers. Cette solution réduit moins l’espace qu’une nouvelle contre-cloison complète, mais elle apporte aussi un gain plus limité. Elle convient surtout quand la gêne est modérée ou quand la chambre ne permet pas d’ajouter une forte épaisseur.

Si chaque centimètre compte

Dans une petite chambre, perdre 8 à 10 cm sur un mur peut modifier l’implantation d’un lit ou d’une armoire. Dans ce cas, mieux vaut privilégier une solution mince mais soignée : plaques acoustiques, traitement des prises, joints périphériques, amélioration de la porte. Une cloison fine bien exécutée peut être plus confortable qu’une cloison épaissie à la hâte, avec des fuites acoustiques laissées partout.

Normes, repères et niveau de confort à viser

Les exigences acoustiques dépendent du type de bâtiment et du contexte des travaux. Dans un logement neuf, des performances minimales peuvent s’appliquer entre logements ou vis-à-vis de certains bruits d’équipement. Entre deux chambres d’un même logement, l’enjeu est souvent moins réglementaire que pratique : préserver l’intimité, le sommeil et la qualité de vie. Des normes de mesure comme la NF EN ISO 140-4 peuvent servir de référence technique pour évaluer l’isolement sur site, mais le particulier raisonne le plus souvent en niveau de confort ressenti.

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Pour une chambre d’enfant contre une chambre d’ami utilisée ponctuellement, 72 mm peuvent suffire si les occupants ont des rythmes similaires. Pour deux chambres utilisées tous les jours, avec conversations, téléphones ou horaires décalés, 98 mm est plus prudent. Pour une chambre parentale, une pièce de télétravail ou un dormeur sensible, une cloison de 120 à 160 mm apporte une marge de confort appréciable.

  • Confort minimum : cloison 72 mm, acceptable si les bruits sont faibles et occasionnels.
  • Confort familial courant : cloison 98 mm, bon équilibre entre isolation phonique et encombrement.
  • Confort renforcé : cloison 120-160 mm, recommandée si l’intimité sonore est prioritaire.

Les détails qui font gagner ou perdre plusieurs décibels

Une bonne cloison acoustique se joue aussi dans les finitions. Les sons empruntent toujours le chemin le plus facile : une fissure, une gaine, une porte légère ou un boîtier électrique mal placé peuvent diminuer la performance globale. Avant de valider un devis ou de commencer les travaux, vérifiez les points suivants.

  1. Décaler les prises électriques de part et d’autre de la cloison pour éviter un passage direct du son.
  2. Soigner les joints périphériques au sol, au plafond et contre les murs latéraux.
  3. Utiliser une bande résiliente sous les rails métalliques pour limiter les vibrations.
  4. Choisir une porte cohérente avec le niveau d’isolation visé, car une porte creuse affaiblit l’ensemble.
  5. Éviter les vides dans l’isolant et les découpes approximatives autour des gaines.

En résumé, l’épaisseur recommandée pour une cloison entre deux chambres est rarement inférieure à 72 mm, mais le vrai confort commence souvent à 98 mm. Si le calme est une priorité, les systèmes de 120 à 160 mm offrent les meilleurs résultats, à condition d’être posés avec rigueur. Le bon choix consiste donc à arbitrer entre performance acoustique, surface disponible, budget et qualité d’exécution.

Adèle Montclar
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